L’histoire du bois au Canada : (4) l’Ouest canadien

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Si on vous demande de citer des différences entre l’Est et l’Ouest canadien au 19e siècle concernant les innovations liées au bois et à sa commercialisation, l’acceptation et la réglementation seront de bonnes réponses. Effectivement, les innovations restent largement plus acceptées et assimilées au sein des territoires telles que la Colombie-Britannique. De ce fait, sur la côte ouest, la compétition est rudement menée entre les chantiers et entre industries d’urbanisation afin d’attirer un maximum de travailleurs. L’une des conséquences a été l’amélioration des conditions de travail et de vie. En parallèle avec le canal de Panama et les forêts de l’Est du pays qui ont pâti, ces changements ont permis de faire en sorte que l’industrie du bois migre vers l’Ouest canadien. 

Situons-nous désormais en l’année 1778, peu après l’indépendance des Etats-Unis, les compagnons de l’explorateur James Cook coupaient déjà du bois sur l’île de Vancouver pour construire les mâts de leurs navires.  Cependant, la véritable exploitation du bois n’a, elle, commencé que pendant les années 1850. Après les commerces à succès des genévriers rouges et des Douglas taxifoliés vers les marchés du Pacifique et de l’Afrique du Sud, s’est suivi dans les années 1880, un vif succès pour le bois de la Colombie-Britannique et ce, aux quatre coins de la planète. En effet, des techniques sensiblement différentes à celles expérimentées à l’Est sont utilisées à cause de ces côtes accidentées.

Des arbres et des bûcherons

Concrètement, on doit utiliser trois plus de bœufs qu’à l’Est, fabriquer des routes sur billots (car pas suffisamment de neige qui recouvre les routes dans l’Ouest canadien), mettre en place des échafaudages afin que les bûcherons puissent couper les arbres plus haut du sol, c’est fini, la coupe au ras du sol qu’on pratiquait à l’Est du pays. Quelques années plus tard, l’ampleur est telle que le rendement du bois des forêts de la Colombie-Britannique est plus important que partout ailleurs au Canada en 1917. C’est d’ailleurs à la fin des années 1920 que la production de cette région est égale à 50% de la production annuelle de bois au pays. Comme ce fut le cas dans l’Est, où les rails et voies sur lesquels on peut naviguer acheminaient le bois vers les ports et les scieries, le même système est mis en place. Désormais, c’est sur les camions qu’il faut compter. Et c’est ainsi que la production forestière de l’Ouest occupe encore aujourd’hui une place prépondérante au sein des exportations canadiennes et, par conséquent, dans l’économie canadienne.

Crédit photo : Darius Kinsey