Nanocellulose : l’avenir du bois recyclé

nanocellulose

La nanocellulose est un polymère végétal microscopique provenant de la cellulose. C’est un biocomposite : on peut la fabriquer à partir de bois recyclé. Concrètement, la nanocellulose de bois est faite de fibres de bois à l’échelle moléculaire.

Une technologie de pointe

Ce matériau n’est pas nouveau. On l’a découvert au début des années 80, mais on y avait renoncé en raison de la grande consommation énergétique nécessaire pour déchiqueter les fibres. Mais des avancées récentes, qui rendent la production des fibres de cellulose beaucoup moins énergivore, ont relancé l’intérêt pour ce matériau.

Pour produire la cellulose, une série de procédés sont mis en œuvre : purification de la pulpe, traitements et interventions mécaniques, chimiques et bactériennes. Toutes ces étapes aboutissent à des nanofibres de bois recyclé ou nanocristaux de cellulose. Même à de la nanocellulose bactérienne, utilisée en médecine.

La nanocellulose de bois présente des propriétés très intéressantes, surtout en raison de ses qualités structurelles. Entre autres choses, elle augmente la dureté et la résistance des produits, résiste bien à la chaleur, augmente la résistance des peintures, chasse la buée sur les vitrages, etc.

On utilise ce produit de bois recyclé en médecine, notamment pour la fermeture des plaies, comme “véhicule” pour un médicament en pharmacologie, dans les soins dentaires, pour fabriquer du rouge à lèvres en cosmétique, pour fabriquer des aérogels absorbants, dans des crèmes anti-âge, etc. On l’utilise également pour fabriquer du papier d’emballage cadeau dont elle rend les couleurs iridescentes. De nombreuses industries exploitent donc aujourd’hui les multiples propriétés de la nanocellulose, sur divers champs d’application.

La nanocellulose de bois pourrait relancer l’industrie du bois

L’industrie forestière canadienne connaît depuis peu de temps une crise, et la production de nanocellulose de bois pourrait être exploitée pour relancer cette industrie. Cela pourrait représenter un tournant dans la production de consommable issu de la biomasse forestière. Le gouvernement canadien étudie donc la pertinence d’investir dans cette technologie. Car même si la production de nanocellulose est moins énergivore aujourd’hui et présente des débouchés très intéressants, c’est l’échelle de production qui pose problème. Il faudrait en effet en produire des tonnes pour répondre aux besoins, et on en est encore loin en termes de capacité.

Domtar, la seule usine au monde capable de produire de grandes quantités de nanocellulose se situe à Windsor en Estrie. Les années à venir devraient voir de nouvelles usines se créer au Canada.