L’histoire du bois au Canada : (2) les mâts de bateaux

Histoire du bois au Canada – les mats de bateaux

Oh mon bateau-eau-eau ! Tu es le plus beau des bateaux ! Comme le chantait Eric Morena, même s’il ne se prenait pas au sérieux et parodiait Luis Mariano, on aime tous les beaux bateaux, bien construits, solides et robustes. Et ce qui est le plus beau, c’est les mâts de bateaux. Effectivement, ce fut aussi le cas à l’époque de l’Amérique du Nord sous le joug britannique. Les Britanniques qui occupaient notre territoire à l’époque se sont dit tout naturellement que le bois de qualité supérieure qui recouvre les forêts s’étendant à perte de vue serait parfait pour les mâts de bateaux de sa flotte maritime grandissante. Très vite, ces rondins sont devenus les produits les plus prisés de tout le commerce du bois de l’Amérique du Nord britannique.

C’est alors qu’au début du 19e siècle, la production du bois équarri a connu un vrai bond afin de combler la demande grandissante de la Grande-Bretagne, qui était en train de mener de front la guerre avec l’illustre Napoléon. Intelligemment, ce grand stratège qu’était Napoléon a alors bloqué le commerce des ports européens afin que la Grande-Bretagne ne puisse plus se réarmer, notamment en bois et donc, notamment en mâts de bateau. Y compris, les ports de la mer Baltique où la Grande-Bretagne y renouvelle son approvisionnement en bois.

Des chiffres en pagaille

Cette tentative de faire tomber les Britanniques au pied même de leur économie infiltre ainsi l’Amérique du Nord et ses exportations de bois. Près de 10 000 chargements de rondins de 1,5 mètre cube étaient alors, à cette époque, livrés vers l’île des amateurs de rosbeef. Pourtant, à partir de 1805, cette quantité n’a cessé d’augmenter drastiquement pour compter jusqu’à 27 000 chargements deux ans plus tard. 27 000 qui se sont transformés comme par magie en 90 000 dès 1809, puis on a crevé le plafond avec une quantité astronomique de 500 000 chargements en 1840. En 1846, on était à plus de 750 000 chargements en 1846. Ensuite, les importations ont continué de connaître de beaux jours avec environ 600 000 chargements par an, un nombre considérable qui a, toutefois, commencer à descendre jusqu’à arriver la Grande Guerre en 1914.

Ce focus sur l’histoire du bois sur notre beau territoire n’est pas encore fini et il continuera avec la commercialisation du bois, pour se conclure par l’histoire de la Côte Ouest de notre Canada chéri. Alors, amis historiens ou amis du bois, ou les deux, nous vous disons à bientôt !

Crédit photo : claretownship.ca