Un incubateur de forêts au Québec

Un incubateur de forêts au Québec

Il existe six pépinières bien particulières au Québec, il n’y pousse pas fleurs ou tomates, au contraire, on y fait pousser des arbres qui auront la tâche de reboiser nos forêts. En plus de ça, les arbres qu’on développe dans cet incubateur de forêts absorberont notre carbone et, ainsi, pourront filtrer l’air que nous respirons. Au total, on estime à 150 millions le nombre d’arbres qui sont livrés tous les ans. Afin de récolter les graines, nous comptons 94 vergers au Québec, sans oublier les semences qui donneront d’autres arbres qui sont ramassées directement dans la nature. Toutes les graines et semences parviennent ensuite à un centre tel que le Centre de semences forestières de la pépinière de Berthier.

Une technique de récolte bien particulière

Les semences des arbres à feuilles sont les premières à être traitées, dès l’automne, après les avoir lavées et en avoir retiré les ailes, c’est au tour des arbres à résine d’être traités. On en passe les cônes dans des tambours tournants où ceux-ci seront chauffés. Ainsi, on pourra ouvrir les cocottes et en obtenir les graines. Encore une fois, il faudra retirer les ailes de ceux-ci. On le fera passer à travers un séparateur à l’eau, c’est ainsi que les semences craquées absorberont l’eau et ne pourront pas rester à la surface, tandis que les bonnes semences y resteront, elles.

Vient ensuite le contrôle qualité au laboratoire. On soumet aux graines différents tests qui serviront à les faire germer dans des frigos pour en vérifier le pourcentage de réussite. D’autres auront même droit à des passages sous les rayons X, ce sera un processus tout à fait approprié pour déterminer si la semence est complète ou pas. Après coup, on laissera reposer les graines dans des chambres froides, là, on pourrait apercevoir plein de barils rangés les uns avec les autres, chacun contenant des centaines de milliers de futurs arbres !

Un programme de replantage bien huilée

Selon le programme du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, il est obligatoire de replanter jusqu’à 20% des arbres ayant été coupés, dans le même temps, le reste repoussera de lui-même. Après seulement deux ans, les arbres résineux seront prêts à l’emploi, tandis que les feuillus le seront en seulement un an. Il sera donc temps de les planter dans la nature. Cependant, on n’oublie pas qu’ils devront d’abord passer un test rigoureux composé de 21 critères précis sur la quantité de racines par exemple. Un incubateur de forêts comme la serre de Berthier peut se targuer d’être l’unique à produire des feuillus. En effet, ceux-ci ne sont pas légion, puisqu’ils ne représentent que 1% de tous les arbres de ce programme. La hausse du nombre d’arbres feuillus plantés accroîtrait ainsi la diversité et donnerait plus de résistance aux forêts, elles-mêmes en proie aux maladies et changements climatiques. Ainsi, on peut dire un grand merci aux pépinières d’arbres, dont celle de Berthier !

Crédit photo : informeaffairres.com