L’histoire du bois au Canada : (1) la coupe

Histoire du bois au Canada - la coupe

Lorsque la neige commençait à tomber, les vrais bûcherons d’autrefois savaient que c’était le moment pour eux d’entrer en scène. Tout d’abord, ils aiguisaient la lame de leurs scies. Puis, ils retroussaient les manches de leurs chemises à carreaux. Et ils se frottaient les mains pour se les réchauffer avant de saisir les manches de leur scies et à l’attaque ! En tout cas, c’est comme ça qu’on s’imagine tous les bûcherons à l’action pas vrai ? Aujourd’hui, nous allons nous intéresser aux différentes techniques de coupe du bûcherons d’antan.

Beaucoup de mains et d’oeuvres et de main-d’oeuvre

Chaque hiver, la main-d’œuvre pour la coupe du bois est nombreuse. Première question qui se pose : pourquoi le fait-on l’hiver ? La réponse est simple. La sève ne s’écoule pas et grâce à la neige, on peut plus facilement traîner les troncs abattus. Maintenant, un peu d’histoire, sachez que jusque dans la décennie 1870, les arbres étaient abattus à la hache. Après cette période, la scie de travers a été popularisée. Lorsqu’un tronc est coupé, il faut ensuite le diviser en billes, puis l’équarrir directement à la hache. En effet, une forme carrée permettait aux bûcherons de facilement empiler le fruit de leur dur labeur.

La technique pour équarrir est simple : marquer le bois sur sa longueur et aussi sur les côtés afin de correctement délimiter le carré qu’on coupera. Et après ça, on aura juste à tailler et couper jusqu’à enlever le bois en trop. Lorsqu’on a fait ça, on scie les contours des rondins pour ne pas que les arêtes soient trop visibles et enfin, on aplanit à la doloire. C’est ce procédé qui est répété systématiquement sur les autres faces du rondin. Avant le transport, les deux embouts se voient retaillés en forme de sommet d’obélisque.

A la dure comme à la dure !

Auparavant, pas de gros camion, alors, on faisait appel au bétail pour tirer les rondins, heureusement, la neige leur facilitait le travail ! Mais la neige n’est pas éternelle et lorsqu’elle fond, il faut faire appel aux draves. Vous savez, c’est cette méthode de transport des troncs d’arbre par flottage sur un cours d’eau ou un fleuve. Une méthode empruntée aux castors ! Et en plus, c’est dangereux puisque les rivières et fleuves dépassent de leur niveau habituel en raison de la neige qui fond. Alors, il faut aussi faire attention aux rapides et éviter les chutes, c’est le rôle des glissoires à billes et aussi des assemblages de trains de bois. Ces différentes techniques sont mises au point pour que, finalement, le bois arrive en bon état et sans embûche – désolé pour le jeu de mots involontaire 🙂 – jusqu’aux scieries.

L’hiver continue ainsi, le coupe du bois continue, celui-ci est transporté, puis transformé aux scieries. Heureusement, depuis, on a facilité la navette entre la forêt et la scierie en passant par les rails plutôt que par les capricieuses rivières.

Crédit photo : thecanadianencyclopedia.ca