Faire pousser des bananiers dans sa cour : à Montréal!

Lucie Herard montreal-garden-21032391_10213135495237904

Question pour trois points… Je suis une habitante de Montréal. Depuis environ quinze ans, je suis parvenu à l’exploit de faire pousser des arbres fruitiers chez moi, et pas n’importe lesquels, puisque je parle bien de bananiers. J’ai la ferme opinion que la température va se réchauffer d’année en année et qu’il est temps d’innover et de s’adapter en cultivant des plantes tropicales qui pousseront mieux avec les températures futures. Je suis… je suis… Lucie Hérard ! Jamais entendu parler ? C’est le moment d’en apprendre plus sur cette pionnière !

Quand on a la main verte et qu’on vit à Montréal, on se tourne plutôt vers des érables, des chênaies ou peut-être des frênaies, mais pas vers des arbres tropicaux, non. Pourtant, ce fut le pari il y a donc bientôt 15 ans de Lucie. Lorsqu’elle a commencé à planter son premier bananier, ce fut un échec retentissant. Tout d’abord, ses voisins l’ont prise pour une demeurée et aucun bananier n’a survécu à l’hiver. La première année de ses essais donc, aucun n’a survécu. Même chose la deuxième année. On aurait pu penser qu’elle allait s’arrêter là et abandonner. Mais c’était sans compter sur sa ténacité ! En effet, lors de la troisième année, un premier bananier a passé l’hiver et elle fut aussi émue qu’heureuse.

Bien sûr, elle a son petit truc pour que les bananiers survivent. Par exemple, lorsque la température commence à retomber et que l’automne pointe le bout de son nez, elle va couper les feuilles, puis elle recouvre son bananier de paille, puis d’une bâche en plastique. Cette technique a fait ses preuves, c’est le moins que l’on puisse dire ! D’après ce qu’elle explique, ce sont ses ancêtres qui faisaient la même chose avec les fraises et elle a adapté à sa guise cette technique pour les bananiers !

Niveau entretien et investissement personnel, elle ne rechigne pas à la tâche. Environ 20 heures par semaine sont consacrées à l’entretien des bananiers. Et on passera sur les litres d’eau leur étant dévoués. Si un jour, y a une sécheresse, ce sera difficile de les alimenter convenablement.

Et la question à un million que vous vous posez tous en lisant, c’est bien de savoir si elle mange les bananes de ses bananiers. Et bien… non. Déjà, elles sont bien petites, et on ne parle des baby bananes, très riches en fibres et totalement comestibles, non, celles qui poussent dans son jardin ne sont pas faites pour être mangées. Malheureusement, l’unique espèce de bananier qui a bien accepté de pousser et survivre dans le jardin de Lucie ne produit pas de banane à manger.

Pour autant, Lucie n’a pas dit son dernier mot. Du haut de ses 67 ans, elle souhaite participer à la mise au point d’une culture destinée aux plus jeunes, pour que d’autres personnes après elle puissent réussir à faire pousser des bananiers dans leur cour et pourquoi pas, à en faire pousser pour ensuite, manger leurs bananes.

Crédit photo : toptropicals.com